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... ou comment la violence s'installe

14h15. Echauffements 15 minutes avant le coup d’envoi. L’arbitre arrive à la bourre. Il a à peine le temps de faire deux longueurs de terrain pour s'échauffer,qu'il doit rejoindre son vestiaire en appelant les capitaines. Il passe par la buvette pour demander à l’un des bénévoles d’aller chercher les deux entraîneurs pour tirer au sort les arbitres assistant,s vu qu'aucun officiel n'a été désigné.

Les capitaines arrivent au vestiaire de l’arbitre. Seul l’arbitre parle. Il  rappelle quelques lois du jeu, demande à ce que l’on ne conteste pas ses décisions, qu'en tant qu'arbitre, il est là pour faire respecter les lois du jeu.
Les deux rentraineurs communiquent alors l’identité des assistants. Il s'ensuit une embrouille.
Entraîneur 1 : « c’est le délégué au terrain qui fera la touche. On n’a personne d’autre. »
Entraineur 2 : « et nous c’est un joueur. Mais est-ce que je peux le laisser quand même sur la feuille de match pour le faire rentrer ? ».

SQ 16 PREMIERE MI-TEMPS Une petite centaine de spectateurs à la tribune, la main courante et derrière les bancs de touche.
La rencontre démarre avec des occasions rares. Les équipes s’observent.
Il faut attendre la demi-heure de jeu pour voir la première occasion : à la suite d’un centre, l’équipe 1 manque de peu la cible. Le gardien intercepte et relance rapidement. Sur la contre-attaque, l’équipe 2 bénéficie d’un penalty. Plusieurs joueurs de l’équipe 1 contestent la décision avec véhémence et menacent l’arbitre :
« mais y a jamais penalty…il a plongé, le juge de touche n’a rien signalé, vu qu’il est avec eux… »
L’arbitre convoque les deux capitaines : « je suis désolé, je vais être obligé de multiplier les sanctions, je ne peux pas me faire insulter comme ça... »
Le numéro 4 de l’équipe 1 demande alors à ses joueurs de se calmer. Il essaie aussi de raisonner quelques spectateurs de plus en plus virulents… Il n’y parvient pas. L’arbitre distribue 5 cartons jaunes dont deux à des remplaçants assis sur le banc.
Au moment où le penalty va être tiré :
l’entraineur de l’équipe 1 :
« il va l’rater, il va l’rater. On va l’arrêter. On va pas perdre contre ça quand même, ils sont nuls… »
L’entraîneur 2 (directement à son acolyte) : « on n’est peut être nuls, mais on va mener 1/0. »
Le penalty est marqué. Le tireur vient narguer quelques spectateurs et l’entraineur 2 des visiteurs ajoute en direction de l’entraineur adverse
L’entraîneur 2 : « on est nuls, on mène 1/0…Vous, vous êtes bons, mais vous perdez 1/0. C’est le football… »
Entraîneur 1 : « ferme ta gueule toi. Si on perd, on va vous pourrir le match après… »

Le capitaine de l’équipe menée se dirige ensuite vers le buteur :
« tu finis pas le match aujourd’hui. On va peut être perdre…mais toi, tu vas perdre une jambe »     

L’arbitre est déjà au centre du terrain, regarde sa montre et indique aux bancs de touche qu’il reste 4 minutes avant la mi-temps…
L’entraîneur : « c’est pas possible, il reste ¼ d’heure à jouer… »
Des spectateurs hurlent. L’arbitre corrige alors son décompte du temps.
Colère de l’entraîneur visiteur : « c’est un scandale, c’est scandaleux, c’est vous qui arbitrez, pas le public ! »
Le n°4 se dirige vers l’arbitre :
« regardez bien ce qui se passe entre mon n°8 et le capitaine d’en face Monsieur l’arbitre, ça va mal finir »
L’arbitre : « Laissez-moi gérer tout ça et occupe toi de ton ballon… »

Le jeu reprend, se durcit mais aucun nouveau fait de jeu ne déclenche d’hostilités. La mi-temps est sifflée.   

Les joueurs regagnent leur vestiaire dans la confusion. Insultes et menaces échangées de part et d’autre.
Des spectateurs s’en mêlent et s’adressent surtout à l’arbitre.
Seul le numéro 4 de l’équipe 1 parvient à garder son calme et accompagne l’arbitre jusqu’à son vestiaire.


SQ 22 DEUXIEME MI-TEMPS -- Sur le terrain. Phases de jeu dynamiques.
Les spectateurs sont de plus en plus vindicatifs. L’atmosphère se dégrade au fil des minutes. Sur le terrain et dans les tribunes, commentaires, propos grossiers et insultes fusent de part et d’autre.

Très vite, comme s’ils s’étaient entendus, les supporters locaux et l’entraineur mettent la pression sur l’arbitre central et le juge de touche visiteur. Ils tentent d’influencer leurs décisions, ce qui a pour effet de perturber les joueurs adverses et l’arbitre lui-même.
Le jeu dur des locaux n’est plus sanctionné. Ils dominent la partie, manquent de peu d’égaliser, mais se font contrer.
L’avant-centre visiteur est crocheté à quelques mètres de la surface de réparation. Le tacle est rude. La faute est grossière. On entend le joueur blessé hurler. 
L’arbitre : « jouez…jouez… ! »
L’entraîneur des visiteurs : « c’est un assassinat ! c’est un assassinat ! »
Plusieurs joueurs visiteurs courent vers l’agressé et l’agresseur.
Les uns réconfortent le blessé, les autres bousculent le contrevenant non sanctionné.
L’arbitre interrompt le match. Il calme les joueurs et constate la gravité de la blessure. Les esprits se calment. C’est une fracture ouverte du tibia. On emmène le blessé au vestiaire et on appelle les secours.

Le jeu reprend. L’arbitre donne un carton au contrevenant supposé, mais celui rétorque : « mais c’est pas moi, M’sieur l’arbitre ! »
Sur le banc on crie au scandale. Les esprits s’échauffent de nouveau.
A ce moment là, un spectateur entre sur le terrain et vient bousculer l’arbitre. C’est le père du blessé:
« Un jaune pour ça ? Tu te rends compte ! il a un métier, il va se retrouver au chômage ! et la saloperie d’en face tu lui mets qu’un jaune ? ! »
Des joueurs raccompagnent le spectateur. L’arbitre appelle les deux capitaines et leur demande de calmer leurs joueurs. Des spectateurs crient : « c’est pas aux joueurs de faire la loi sur le terrain, c’est toi qui as le sifflet. Si tu sais pas t’en servir, on va t’le faire avaler… »
A ce moment là, le banc s’agite :
L’entraineur 1 (s’adressant à ses joueurs) : « c’est maintenant qu’il faut y aller, envoie le ballon dans la surface, des longs ballons, et puis tombez, tombez, tombez…. »
L’entraineur 2 : « c’est malin, pour un entraineur, tu donnes un sacré exemple ! »   
Le numéro 4 des locaux s’approche alors de son entraineur et demande : « tu crois pas qu’il faudrait calmer tout ça plutôt ? c’est plus un terrain ici, c’est un vrai champ de bataille. Je touche plus un ballon, je ne fais que gérer les uns et les autres… »
L’entraîneur visiteur : « c’est bien dommage qu’il y en ait pas plusieurs comme toi dans ton équipe »   
L’entraineur local décide de sortir son numéro 4.

A partir de là, les situations deviennent incontrôlables : à la suite d’une action litigieuse déclenchant une bagarre générale, le match est arrêté à une vingtaine de minutes du temps règlementaire.

Tout a démarré avec un penalty accordé aux locaux sur une faute parfaitement justifiée.
Sous la pression des locaux, l’arbitre exclut l’auteur de la faute par un carton rouge.
Ses coéquipiers et l’entraineur crient au scandale
 
L’entraineur 2 : « là tu mets un rouge alors que tout à l’heure l’autre malade n’a eu qu’un jaune ? Vaut mieux pas qui marquent pour toi… »

Des spectateurs commencent à se bagarrer dans les tribunes.
Le penalty est tiré. Le ballon est frappé au moment où un spectateur est poursuivi sur le terrain par deux autres supporters. Le but est marqué, mais l’arbitre central demande à ce qu’il soit retiré, au milieu des injures des joueurs, entraineur et spectateurs locaux.
L’arbitre : « au moment du tir, y a des spectateurs qui sont sur le terrain. C’est le règlement ! »
L’entraineur local : « c’est un nouveau règlement où vous l’avez inventé là ? On se fait voler, on portera plainte à la Ligue et au Comité Olympique »
Le tireur s’apprête à retirer le penalty. Il entend la foule l’encourager à frapper le plus fort possible : « tue les ! tue les ».
Il frappe, marque. Mais le gardien qui n’a pas bougé s’effondre, le visage ensanglanté.
C’est un supporter qui en lançant une bouteille sur le tireur a malencontreusement blessé son propre gardien !
L’arbitre, qui a tout vu, décide alors d’arrêter le match. Il déclare au banc : « il faut appeler les secours, ça dégénère de tous les côtés, je ne peux pas contrôler les supporters locaux, je peux pas m’en sortir…. »
L’entraîneur des locaux : « c’est un de leurs supporters qui a jeté la bouteille, il s’est trompé !!! »
Les joueurs commencent à se battre.
Le supporter contrevenant est pris à partie par des supporters de son camp.
De l’autre côté du terrain, le juge de touche est roué de coups par des individus qui regardaient le match à l’extérieur du stade.
L’entraîneur local : « tu nous as volés, tu nous as volés, tu vas pas t’en sortir comme ça… »

L’arbitre prend peur et court vers son vestiaire. L’entraineur local et quelques joueurs le suivent à la trace.
Des spectateurs l’empêchent d’accéder au clubhouse tandis que ça et là dans les tribunes éclatent échauffourées et violences.
L’arbitre est coincé entre des joueurs, l’entraîneur et des spectateurs locaux.
Le match est arrêté dans la confusion.

L’arbitre  se réveille une heure plus tard dans son vestiaire à côté du numéro 4 local qui, sentant l’atmosphère se dégrader, avait pris soin d’appeler la police locale. 

Scénario Atelier SHERPAS- Université d’Artois - Juillet 2008©
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